Entretien avec Clémence SCHANTZ

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05/01/18

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Sage-femme depuis plus de dix ans, j’ai soutenu mon doctorat de sociologie en décembre 2016 à l’université Paris-Descartes. Cette thèse a souhaité montrer comment les pratiques obstétricales peuvent participer à la construction du corps féminin à Phnom Penh, au Cambodge.

 

Actuellement chercheure contractuelle au Ceped, je mène une recherche consacrée aux déterminants sociodémographiques de la césarienne en France. Je suis par ailleurs chercheure au sein du projet de recherche CESARIA : « étude comparative sur les déterminants sociodémographiques de la pratique de la césarienne en France, au Cambodge, au Viêt Nam, au Bénin et au Mali » (IRD).

 

Césarienne : une hausse mal comprise

La césarienne représente environ 20 % des accouchements en France, alors que le taux optimal, selon l’OMS, se situerait autour de 10 %. L’augmentation du taux de césarienne dans le monde est le fruit de facteurs divers : l’offre médicale, l’émergence d’une demande par les femmes, l’influence des médias, l’organisation du système de soins, l’élévation de l’âge moyen des accouchées… Mais elle reste en partie mal comprise. Dans le cadre de ma recherche, je souhaite précisément identifier les facteurs socioculturels, démographiques, épidémiologiques et obstétricaux en jeu dans la pratique de la césarienne. Je souhaite également montrer que la France présente une spécificité sur le plan international étant donné la stabilité de son taux de césarienne depuis les années 2000. J’espère ainsi, par la suite, diffuser les principaux résultats de cette recherche auprès des professionnels de santé et des responsables politiques. 

 

Trois maternités françaises

La recherche se déroulera principalement à partir d’un recueil de données dans trois maternités : l’Institut mutualiste de Montsouris à Paris, l’hôpital intercommunal de Poissy et la maternité de Sallanches, en Haute-Savoie. Je serai aidée par plusieurs étudiantes de l’école de sages-femmes de l’hôpital Foch. Cette enquête comportera des volets quantitatifs et qualitatifs : entretiens semi-directifs auprès des soignants (sages-femmes et gynécologues obstétriciens) et auprès des femmes ; et questionnaires auprès de femmes enceintes, puis accouchées (mise en place d’une cohorte). 

 

Un phénomène multifactoriel

Nos hypothèses sont les suivantes : l’organisation du système sanitaire et des services de prise en charge de la grossesse – ainsi que la formation du personnel – conditionnent l’accès et le recours aux césariennes. Les sages-femmes jouent un rôle important dans la stabilisation du taux de césarienne en France. Les normes relatives au corps et aux relations de genre induisent quant à elles des représentations qui déterminent l’attitude des femmes et des membres de leur famille face aux césariennes. 

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